
Le président de la République démocratique du Congo a procédé à un réaménagement gouvernemental au cours duquel Marie Nyange Ndambo a été nommée ministre de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat. L’ordonnance présidentielle officialisant cette nomination a été lue à la télévision nationale (RTNC) jeudi soir à Kinshasa.
Cette nomination met fin au mandat d’Ève Bazaiba Masudi à la tête de ce portefeuille stratégique, dans un contexte marqué par les enjeux climatiques mondiaux et les pressions croissantes sur les forêts congolaises, notamment celles du bassin du Congo.-Un profil taillé pour le poste-Forestière de formation, diplômée de l’Université Laval au Canada, Marie Nyange Ndambo est également docteure en sciences économiques et professeure d’économie à l’Université de Kinshasa.
Âgée de 53 ans, elle jouit d’une solide réputation dans les milieux universitaires et internationaux, où elle s’est distinguée par ses travaux en développement durable, économie inclusive et autonomisation des femmes.Son profil, à la croisée des sciences forestières et économiques, fait d’elle une technocrate aguerrie dans un secteur souvent confié à des figures politiques sans expertise technique. À ce titre, sa nomination est perçue comme un choix de compétence dans un système où les postes ministériels sont trop souvent attribués selon des logiques partisanes.
-Une carrière riche entre expertise économique et gouvernance-
Marie Nyange Ndambo n’est pas une nouvelle venue dans les cercles de décision. Ancienne conseillère économique auprès du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, elle a su imposer sa vision dans des sphères où les femmes économistes restent encore rares.
Elle a également occupé des fonctions de haut niveau au sein d’institutions nationales et régionales : la Banque centrale du Congo (BCC), l’ANAPRI (African Network of Agricultural Policy Research Institutes) et le RENAPI (Réseau national des politiques d’innovation), une organisation scientifique opérant dans l’espace COMESA. Elle est en outre présidente du Réseau des femmes entrepreneures du Forum Modèle.Sur le plan international, la nouvelle ministre a collaboré avec plusieurs agences de développement, dont la Coopération canadienne, la Coopération technique belge (Enabel), et l’Organisation internationale du travail (OIT), où elle a été consultante en emploi rural et responsable de projets de développement en RDC.
-Une trajectoire politique ascendante-
Sur le plan politique, Marie Nyange est présidente nationale du parti Union populaire africaine (UPA). Elle a également dirigé le regroupement politique Alliance pour l’Avenir, affilié au Front commun pour le Congo (FCC) avant de rejoindre l’Union sacrée de la nation en 2021. Ce repositionnement stratégique avait été interprété à l’époque comme un choix de rupture avec la ligne politique du FCC.
-Un espoir pour une gouvernance verte et inclusive-
La nomination de Marie Nyange Ndambo intervient à un moment crucial où la RDC, riche en ressources forestières et minières, cherche à repositionner son économie dans une logique de durabilité. Dans ses interventions publiques et ses travaux de recherche, la ministre plaide pour des politiques inclusives qui tiennent compte des populations les plus vulnérables, tout en misant sur la valorisation responsable des ressources naturelles.Elle a toujours mis l’accent sur l’autonomisation économique des femmes, la lutte contre les inégalités sociales et la nécessité d’une gouvernance transparente dans les secteurs environnemental et économique.
-Une ministre attendue au tournant-
Dans un pays où les défis liés à la déforestation, à l’exploitation minière illégale et aux changements climatiques s’aggravent, la nomination de Marie Nyange Ndambo suscite de l’espoir au sein de la société civile et des milieux scientifiques.
Son expertise, son indépendance intellectuelle et son engagement de longue date dans le développement durable pourraient faire d’elle une actrice clé dans la transition écologique du pays.Reste désormais à savoir si le contexte politique lui offrira la marge de manœuvre nécessaire pour imprimer sa vision dans un secteur souvent tiraillé entre intérêts économiques, pressions internationales et urgences locales.
Ben Ben-J SALAKO